Cet article m’a été inspiré par la lecture du livre « Faire des choses difficiles » de Steve Magness. Ce livre met en perspective et offre des mots sur ce que j’observe depuis plus de 20 ans. Et il propose une définition d’être solide.
Venant de l’environnement du sport d’élite, l’auteur déconstruit le mythe d’être solide, et propose des pistes de réflexion. Pour réussir, il faut d’abord ne pas se mentir. Être conscient de sa force et de ses capacités et savoir apprécier les obstacles. Cette appréciation non biaisée de l’obstacle par rapport à vos capacités est la clé. Dans votre transformation, votre motivation interne sera votre pilier. Par contre si votre motivation est seulement contrôlée par des éléments externes, alors les chances de réussite seront réduites.
Ce livre est rempli de conseils et d’astuces pour développer votre confiance interne, vous motiver sur le long terme et donc vous améliorer.
Pourquoi ce livre m’interpelle ?
J’ai passé vingt ans en aéronautique, plusieurs premiers vols pour des programmes comme l’A380, la famille CSeries, le Lear 85 ou le Global 7500. J’ai contribué à tous ces programmes dans des positions et fonctions très différentes. Pour tous ces programmes, nous retrouvons les mêmes environnements à très forts enjeux économiques, haut niveau de stress et planning impossible. Dès que votre rôle est très visible en gestion ou en technique, vous devrez démontrer une solidité sans faille. Vous devez pouvoir répondre à toutes les questions, être expert et gestionnaire. Vous devez être solide et capable de soutenir la pression. Les personnes dans ce milieu s’identifient comme robustes et solides. Pendant ces vingt ans, j’ai pu observer des personnes perdre leur calme et s’énerver, voir hurler, des burn-out, des départs en retraite précipités, des démissions, des crises cardiaques ou autres disparitions subites.
Sans passion, vous ne durez pas longtemps dans des programmes de développement.
D’autres zones, d’autres fonctions, le génie civil, discussions difficiles, négociations âpres, la manière dont les gens se décrivent c’est solide, tenace. En fait, on est plus sur de l’individualisme, agressif. Négociation unilatérale, pression pour réduire les coûts, demande l’impossible et continuer à demander encore après. Cette approche n’est pas faite pour durer.
Un dernier exemple, vente ou achat et négociation de contrat sont rudes ou âpres. Les membres de ces équipes se décrivent comme solides. Pourquoi ? Car ils supportent l’âpreté de toutes ces négociations et qu’ils savent eux aussi jouer ce jeu. Et en fait, ils pensent qu’ils savent le jouer.
Être âpre ce n’est pas être solide
En résumé, ce livre propose une approche bâtie sur 4 piliers :
- Laissez tomber l’apparence et acceptez la réalité. Ne vous surestimez pas, vous ou votre organisation ; connaissez vos forces et vos faiblesses, reconnaissez-les et travaillez à vous améliorer.
- Écoutez votre corps. Les émotions sont des messagers, pas des dictateurs, et il est normal de ressentir des émotions. Vous devez décider de ce que vous voulez en faire. Si vous appréciez cette partie pour reprendre le contrôle de votre manière d’utiliser vos émotions. Je vous recommande de lire « Le Piège du Bonheur » de Russ Harris, dans lequel vous trouverez de nombreuses pratiques et conseils sur la manière de reprendre le contrôle.
- Répondez au lieu de réagir. Ne laissez pas l’impulsion de l’émotion vous guider ; prenez une décision consciente sur la façon dont vous voulez répondre.
- Dépassez l’inconfort. Faire des choses difficiles vous fera grandir. Investir du temps pour ne pas être contrôlé par vos émotions et y répondre transformera votre leadership. Et en montrant l’exemple, vous contribuerez à transformer toute votre organisation.
La véritable solidité, c’est de faire l’expérience de l’inconfort ou de la détresse, de s’y pencher, de faire attention et de créer de l’espace pour mettre en place des actions réfléchies. C’est naviguer à travers l’inconfort pour prendre la meilleure décision.
En tant que gestionnaire, ce que je sais, c’est que faire des promesses excessives et pousser trop fort l’équipe à livrer pour tenir les promesses que vous avez faites n’est pas de la solidité. Quand vous faites cela, vous épuisez votre équipe et vous ne gagnerez pas la prochaine étape, ou vous devrez remplacer des personnes pour y arriver.
Alors, et si nous aidions les gens et les organisations à se transformer pour devenir vraiment solides ?
Dans le processus décisionnel, la gestion des programmes aérospatiaux doit être améliorée. J’ai vu les premières étapes d’une telle transformation chez Bombardier en adoptant le concept de piloter le développement de la conception des avions en utilisant des niveaux de maturité. À l’époque, je pensais uniquement à la maturité de la conception, qui doit également aller de pair avec la maturité de l’organisation du leadership (technique et hiérarchique). Si vous faites cela, il n’y a pas besoin de héros. Vous avez juste besoin de travail d’équipe, de discipline et de rigueur dans l’exécution.
Le génie civil, en recherchant un véritable partenariat, des situations gagnant-gagnant, la transparence, et la capacité de reconnaître quand nous faisons une erreur, et ainsi accepter l’impact financier sans essayer de le faire porter à votre fournisseur. Les relations à long terme apportent plus de valeur que les relations transactionnelles courtes.
Le dernier exemple était de repenser la négociation commerciale, et ici, de proposer un partenariat à long terme en explicitant toutes les interactions, en protégeant les deux parties, et en pilotant la relation avec des points de contact réguliers.
L’âpreté n’est pas la solidité. Connaissez-vous vous-même, apprenez à évaluer l’obstacle, utilisez vos émotions comme des capteurs et non comme un dictateur, et apprenez à travers l’inconfort.
🛠️ Trois actions simples pour agir avec discernement
Pratiquer la “réalité sans filtre” une fois par semaine
Prends 10 minutes pour répondre honnêtement à trois questions :
Qu’est‑ce qui est réellement difficile en ce moment ?
Qu’est‑ce que je maîtrise ?
Qu’est‑ce que je me raconte pour éviter de voir la réalité ?
Cette micro‑routine développe la solidité intérieure : lucidité + responsabilité + action.
Nommer l’émotion avant de décider
Quand une situation te bouscule (pression, conflit, urgence), fais une pause de 10 secondes et nomme ce que tu ressens :
“Je suis frustré.”
“Je suis inquiet.”
“Je suis sous pression.”
Nommer = reprendre le contrôle.
Tu passes de réagir à répondre.
Évaluer l’obstacle plutôt que le subir
Avant de te lancer dans une tâche difficile, demande‑toi :
Quel est l’obstacle réel ?
Quelles sont mes capacités actuelles ?
Qu’est‑ce qui est sous mon contrôle ?
Cette évaluation objective réduit la peur, augmente la clarté et renforce la motivation interne.
👉 Ces trois actions simples renforcent votre posture de manager et vous rapprochent de votre potentiel.
Coaching ou mentorat : votre choix, votre croissance
Je suis Franck Dervault, fort de nombreuses années d’expérience professionnelle et désormais en voie de certification comme coach. Je propose deux approches distinctes :
- Le coaching, pour vous aider à libérer votre potentiel grâce à la réflexion, la présence et la découverte guidée.
- Le mentorat, pour partager les leçons, les stratégies et les enseignements de mon parcours afin que vous puissiez relever vos défis avec confiance.
Quelle que soit la voie que vous choisissez, mon objectif reste le même : vous aider à réaliser que vous êtes plus sage que vous ne le pensez, avec un potentiel immense qui ne demande qu’à être révélé.
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